des tenues blanches à la Royal Box, les traditions résistent à l’épreuve du temps

Le 10 juillet 2020, en pleine pandémie de Covid-19 et alors que le tournoi de Wimbledon avait été annulé pour des raisons sanitaires, le All England Club, chargé d’organiser la compétition londonienne, avait décidé de revenir sur une de ses plus vieilles traditions. Les têtes de série ne seraient désormais plus définies par les organisateurs, qui mettaient en avant les résultats sur gazon, mais bien par le classement ATP. Une décision confirmée mercredi dernier lorsque les listings sont tombés. 

Qu’on se rassure, à la différence des trois autres Majeurs de l’année, Wimbledon reste un temple de la tradition. Derrière les grilles de l’Aorangi Park, tout est cadenassé depuis la création du club en 1877. Des tenues aux moeurs, les rituels sont nombreux. Loufoques ou rentrés dans l’histoire, franceinfo: sport vous en liste quelques-uns. 

Le blanc et rien d’autre

Personne n’a jamais vu à Wimbledon le pyjama que portait Stanislas Wawrinka lors de sa victoire à Roland-Garros. Les tenues bariolées de Serena Williams et Bethanie Mattek-Sands n’ont, elles aussi, jamais passé la grande porte du All England Club. Car depuis 1963, le tournoi n’autorise que le blanc sur les terrains de tennis de son antre. Et tout y passe, des sous-vêtements aux chaussures.

À peine un liseret d’un centimètre peut être autorisé. Sans exception. Demandez à Roger Federer et ses semelles orange ou encore à Andre Agassi qui a eu quelques soucis avec l’organisation et a finalement été obligé de s’y plier en laissant ses tenues fluos chez lui.

Le respect des champions

Quand Roger Federer a remporté pour la première fois Wimbledon en 2003, il a eu le droit à son casier dans le All England Club, synonyme d’entrée au sein de ce groupe fermé. L’un des avantages de s’imposer sur le gazon londonien réside aussi dans le fait d’ouvrir le tournoi l’année suivante, peu importe son statut. Un hommage unique dans un tournoi majeur. 

Qu’ils aient gagné ou non le tournoi, ceux qui ont marqué son histoire sont tous honorés à leur manière. Le match entre John Isner et Nicolas Mahut en 2010, qui avait duré près de 11 heures sur le court n°18, un record absolu, n’a pas manqué à cette tradition. Ainsi, une petite plaque honore les deux hommes en souvenir de cette rencontre légendaire.

Dans un autre style, l’Aorangi Terrace, qui longe le court n°1 et est doté d’un écran géant et d’une petite colline où de nombreux spectateurs s’y massent souvent, a été renommée à plusieurs reprises avec le temps. Prenant le nom de « Henman Hill » dans les années 90 en référence au joueur anglais Tim Henman. Puis elle change à la fin des années 2000 en « Murray Mound » en référence à Andy Murray, alors numéro un mondial et premier vainqueur britannique de Wimbledon en 2013 depuis Fred Perry en 1936. 

Les spectateurs en 2018 sur le « Henman Hill » de Wimbledon.  (DAVID CLIFF / NURPHOTO / AFP)

Le « Crazy Monday », une tradition en sursis

Comme pour beaucoup de ses traditions, l’organisation du tournoi de Wimbledon est en grande partie liée à l’histoire du All England Court. Ancien club de village, il était alors de coutume de garder une journée « off » le dimanche dans ce tournoi. Appelé le « Middle Sunday », il permettait à tous les joueurs de se reposer avant les huitièmes de finale et de ce qui s’est appelé au fil des ans le « Crazy Monday » en raison du nombre de matchs programmés à cause du retard, unique parmi les quatre tournoi du Grand Chelem. 

Une pause qui s’achèvera en 2022 après l’annonce de l’organisation en avril dernier lors d’une conférence de presse. Trop compliquée à organiser en raison de la météo souvent capricieuse, la journée du lundi sera désormais coupée en deux pour débuter les huitièmes de finale dès le dimanche. 

Introducing a new tradition, as we expand The Championships to a 14 day tournament #Wimbledon pic.twitter.com/3nSMjlZWC8

— Wimbledon (@Wimbledon) April 27, 2021
La Royal Box et ses célèbres vassaux

À Wimbledon, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne quand il s’agit de se délecter des rencontres de Roger Federer, de Novak Djokovic ou de Serena Williams . Pour les moins aisés, il y avait encore l’année dernière « The Queue » (« La queue » en français) qui permettait à chacun de pouvoir prétendre à l’un des 500 sésames sur chacun des courts principaux lors des premiers tours. Mais la pandémie de Covid-19 est passée par là et tout se fera en ligne, derrière un ordinateur, cette année. 

Sur le court central de Wimbledon, quelques places restent quant à elles dédiées année après année à une catégorie bien précise de personnes. La reine d’Angleterre et ses « amis ». La Royal Box accueille ainsi le monde du show-biz et de la jet-set. De Beyoncé à Ben Stiller en passant par Jay-Z ou David Beckham, il n’y a que du beau monde. Et les jours où le chapeau le plus célèbre de l’île se déplace, c’est un autre rituel qui est appliqué. En arrivant sur le court, les joueurs doivent ainsi saluer la reine, avec les formes s’il vous plaît. 

Les fraises à la crème, un pêché mignon

Si vous ne faites pas partie de la Royal Box, vous passerez cependant bien prendre un petit ravitaillement dans les allées du stade. Dans ce cas, direction les stands de fraises de Wimbledon. Un peu moins de 30 tonnes de fraises sont livrées lors de chaque édition et c’est une petite ferme située dans le Kent qui fournit depuis près de 30 ans le célèbre tournoi londonien. La Hugh Lowe Farms est le seul producteur à fournir ces trésors sucrés qui sont ensuite enrobés de crème puis vendus aux spectateurs . 

Les fraises de la Hugh Lowe Farms font le bonheur des spectateurs de Wimbledon.  (AFP PHOTO / BOB MARTIN / AELTC)