Devant la commission Rebsamen, les architectes rappellent le besoin de qualité du logement

La commission Rebsamen, du nom de son président, le maire de Dijon chargé, au printemps, par le Premier ministre, d’établir un diagnostic des freins à la construction de logement et de proposer des mesures pour les lever, doit rendre son rapport avant fin septembre. Les organisations représentatives des architectes, qui ont publiquement exprimé leur mécontentement de ne pas avoir été invités à siéger à cette cette commission, ont été auditionnées, le 16 juillet.

 

Jean-Michel Woulkoff, président de l’Unsfa, le principal syndicat d’architectes, et Christine Leconte, présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes (Cnoa), ont pu chacun exprimer les attentes et analyses de leurs organisations, après avoir établi un socle de revendications, émises par un groupe de réflexion réunissant également le Croaif (Conseil régional francilien de l’Ordre), l’Afex (Association des architectes français à l’export), l’Académie d’architecture, le Syndicat de l’architecture et la Maf (Mutuelle des architectes français).

 

La qualité des logements, pas une priorité pour la commission

 

L’Unsfa, en particulier, considère que la commission est « très concentrée sur […] la question précise du logement neuf en secteur tendu ». Dans un communiqué faisant suite à l’audition de son président, le syndicat déplore que « la question de la qualité du logement et l’élargissement du problème à l’aménagement du territoire ne semble pas le centre de leurs préoccupations », les deux axes prioritaires des membres de la commission Rebsamen étant plutôt ceux « du financement et du foncier rare ».

 

Selon le texte de l’intervention de Jean-Michel Woulkoff, que Batiactu s’est procuré, l’Unsfa demande, concernant la phase montage d’opération, des mesures fortes sur le foncier, allant jusqu’à l’encadrement des prix, sur le modèle des loyers. Le syndicat demande également de « construire sur les dents creuses plutôt que développer les Zac qui détruisent chaque année des milliers d’hectares de terres agricoles ».

 

Ne plus attribuer les marchés aux moins-disants

 

Sur la phase conception, qui inclue les autorisations d’urbanisme, Jean-Michel Woulkoff a demandé de mieux former les élus et les services à l’urbanisme, afin que les PLU soient plus favorables au logement collectif. Il a rappelé la préférence des architectes pour le concours, qui permet « de choisir un projet et non le prix le plus bas ».

 

Enfin, pour la phase chantier, le président de l’Unsfa a notamment pointé les pénuries de matériaux, l’absence de main-d’œuvre qualifiée ou encore, les interruptions de chantiers pour découvertes archéologiques, comme freins à la construction. « Une maitrise d’œuvre forte, redonnant toute sa place à son acteur central qu’est l’architecte, seul intervenant en capacité d’avoir une vision globale des logements à venir, sera garante d’une opération répondant aux enjeux sociétaux, environnementaux et économiques », a-t-il martelé.

 

Etre entendus lors des débats de l’élection présidentielle

 

Les organisations d’architectes se « félicitent » du travail collectif effectué « qui a permis de porter à connaissance de la commission, les réflexions et propositions des architectes pour relancer la production de logements de qualité » (voir leurs propositions ci-dessous). Ils entendent saisir « l’opportunité, face à l’échéance proches des élections présidentielles, de poursuivre [leurs] échanges afin de développer les arguments pour une architecture de qualité dans la construction et la rénovation des logements, mais aussi plus largement à l’ensemble des constructions ». Ils entendent également profiter des rencontres à venir avec la ministre Emmanuelle Wargon, dans le cadre de la démarche « Habiter la France de demain », qu’elle a lancée.