Les croque-morts à l’heure du covid-19

Les employés des pompes funèbres, qui regrettent de n’avoir pas été applaudis aux fenêtres durant la crise sanitaire, nous ont révélé les secrets de leur métier, indispensable pour l’éternité.

Ils avancent sur des semelles de crêpe, le costume sombre bien mis, des traits de peigne dessinés sur le crâne gominé, d’un pas calme et cadencé. Ceux qu’on appelle «les croque-morts», «les ordonnateurs», «les régleurs», les employés des pompes funèbres, se reconnaissent à leur discrétion. Rien n’est plus difficile que d’attraper leur regard. Aujourd’hui, ils sont près de 25.000 dans l’Hexagone. «Nous sommes ceux qu’on préférerait ne jamais connaître», sourit Erwann, âgé de 23 ans, en chiffonnant de la ouate pour créer du volume dans un cercueil vide du funérarium de Versailles (78).

Dans la petite salle blafarde et javellisée qui donne sur le monte-charge où les trépassés arrivent sur des chariots à roulettes, quatre gaillards s’affairent autour de la caisse comme des papillons sur un chrysanthème. Soudain le maître de cérémonie annonce, d’un ton qui réclame le silence: «le défunt arrive». Un nonagénaire en chaussettes, qui ressemble un peu à Albert Einstein, est placé à côté du cercueil,

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