Les travaux ont commencé sur le secteur E du Village olympique

Le Village des athlètes, auparavant nommé Village olympique, est « le plus grand chantier mono-site de France, réunissant plus de 4.000 travailleurs du bâtiment », rappelle le groupement composé de Nexity, Eiffage Immobilier, CDC Habitat, EDF et Groupama, qui vient de lancer le chantier du secteur E. Considéré comme l’ouvrage central des Jeux, le village des athlètes s’étendra sur 51 hectares entre la Seine et le carrefour Pleyel, sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et L’Île-Saint-Denis. Il est prévu que le village puisse accueillir jusqu’à 17.000 membres des délégations en phase « jeux », puis environ 6.000 habitants en phase « héritage », après l’été 2024, lorsque les bâtiments auront été reconvertis en 2.200 logements familiaux, 900 résidences, deux hôtels et 100.000 m² de bureaux.

 

Le secteur E du Village des athlètes a été attribué au groupement mené par Nexity et Eiffage le 22 novembre 2019, en même temps que le secteur D, adjacent, d’une taille équivalente et attribué, lui, à la Caisse des dépôts et Icade, notamment. Le secteur E recouvrira environ 58.000 mètres carrés de surface de plancher pour 527 logements (accession libre, logements locatifs et logements sociaux), un immeuble de bureaux, une crèche et des locaux d’activités et commerciaux. Il accueillera environ 2.500 athlètes à l’été 2024 puis dès 2025, de futurs audoniens au sein d’un nouveau quartier mixte.

 

Un bois construction à 80% Français

 

La Solidéo, l’aménageur public des sites olympiques, a érigé le Village des athlètes en exemple de quartier durable et porté haut les exigences environnementales dans le processus de sélection des constructeurs. Le bois, en particulier, doit représenter 50% des matériaux utilisés pour la construction. Une proportion encore confirmée récemment par la Solidéo, alors que de nombreux acteurs interrogés émettent des doutes sur la capacité des constructeurs à atteindre cet objectif, à la fois pour des raisons de coûts et d’approvisionnement.

 

Le groupement qui construira le secteur E, sans donner la proportion de matériau bois, rappelle que ses bâtiments seront vertueux « grâce notamment à un mode constructif économe mixant bois et béton bas carbone« . Il précise que le bois utilisé pour les structures porteuses « sera à 80% d’origine de France métropolitaine (objectif cible), aussi bien pour la ressource que pour ces lieux de transformation », et s’engage sur 90% du bois certifié gestion durable. Quant aux terres d’excavation, celles qui sont polluées seront traitées et celles qui ne le sont pas seront évacuées à 80% par voie fluviale.

 

Les autres objectifs environnementaux

 

Par ailleurs, la consommation d’énergie sera réduite grâce à un pilotage énergétique intelligent associé à la production d’électricité photovoltaïque en toiture à hauteur d’environ 20% des besoins générés par le quartier, rappellent Nexity et Eiffage. Une innovation sur le bâtiment tertiaire du quartier permettra même « de limiter les émissions de CO2 » par l’intégration des batteries des véhicules comme source d’électricité pour lisser les pointes de consommation.

 

20% de pleine terre plantée doivent, en outre, favoriser la biodiversité et d’atténuer les îlots de chaleur. Des essences locales seront intégrées « du sol aux toitures », et déclinées en plusieurs ambiances et strates : des plantes messicoles, une pépinière de plantes sauvages, un grand jardin partagé « à l’image des jardins maraîchers traditionnels de Saint-Ouen », mais aussi un paysage vertical sur de larges balcons et des terrasses végétalisées. Les eaux pluviales et la faune locale feront également l’objet d’un traitement spécifique.