Marlène Schiappa en guerre contre les violences conjugales… et les robots

Critiquée sur Twitter après l’annonce d’un réseau mondial des forces de sécurité intérieure contre les violences conjugales, la ministre déléguée à la citoyenneté décrit des attaques émanant de faux comptes et dénonce une manipulation venue «d’extrême droite le plus souvent».

À l’occasion du Forum Génération Égalité organisé par l’ONU pour promouvoir l’égalité entre hommes et femmes, et qui se tenait cette semaine à Paris en présence de représentants de plusieurs dizaines d’États, la ministre déléguée à la citoyenneté a annoncé dans une interview au JDD une initiative coordonnée pour faire avancer la lutte contre les violences conjugales. D’après les explications avancées auprès de nos confrères, il s’agit de créer, sous le patronage d’ONU femmes, une coopération internationale des forces de police et de sécurité intérieure pour «échanger des bonnes pratiques afin de faire reculer ces violences», et notamment renforcer la prise de conscience de l’importance de ce fléau chez les forces de l’ordre, faciliter les dépôts de plainte, encourager les victimes à parler…

Dans le détail, cette initiative pilotée par Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d’ONU femmes, ne consiste donc pas à créer un nouveau réseau de police mais surtout à renforcer la coopération des services d’une vingtaine de pays (France, Mexique, Islande…) pour harmoniser la prévention et la répression de ces violences. Marlène Schiappa précise que «selon l’ONU, il y a 87.000 femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint dans le monde par an» et rappelle que ce sont les policiers et les gendarmes qui sont en première ligne face à ces violences : en France l’an dernier, ils sont intervenus à 400.000 reprises pour des faits de cette nature.

Mais samedi soir, la ministre s’est agacée sur Twitter d’un déluge de critiques ayant accueilli ses annonces dans la presse. Elle a alors décrit une campagne de «cyberharcèlement» et de «désinformation», menée selon elle par des «trolls & bots – d’extrême droite le + souvent (mais pas que)», et ayant pour résultat de «donner un miroir déformant de la réalité».

Preuves et captures d’écran à l’appui, Marlène Schiappa a relevé qu’une critique revenait systématiquement à son encontre, celle selon laquelle son initiative serait inutile car elle se superposerait au travail d’Interpol. Une critique qu’elle juge infondée, estimant que cette coopération entre polices ne relève justement pas des missions d’Interpol. La ministre s’est agacée par ailleurs que les critiques sur les réseaux sociaux ne ciblent qu’elle, et pas même l’ONU : elle y voit une manœuvre politique, une manipulation destinée uniquement à lui nuire.

Ce d’autant plus que les comptes qui ont relayé ces critiques sont en réalité, d’après elle, des «bots» (des profils ne renvoyant à aucune personne réelle mais pilotés par une intelligence artificielle) qui se contentent de copier-coller en boucle les mêmes messages, afin de créer un mouvement d’opinion factice sur le réseau.

«Il est facile en quelques clics pour n’importe quel parti ou puissance étrangère ou juste personne qui s’ennuie de manipuler l’opinion ainsi», conclut Marlène Schiappa, rappelant que si à ses yeux «la critique est normale en démocratie», elle doit rester le fait de «citoyens critiques» et pas de «robots».