Qu’est-ce que l’opération «Quartiers d’été», lancée par le gouvernement pour la deuxième année consécutive ?

FOCUS – Comme en 2020, les ministères de l’Intérieur, de l’Éducation nationale et de la Ville vont déployer pendant l’été un plan national pour faire des vacances une période d’apprentissage, de découverte et de solidarité dans les quartiers.

En 2020, le ministère de l’Éducation nationale prévoyait qu’un enfant sur quatre, soit quatre millions, ne pourrait profiter des deux mois d’été pour quitter son quotidien, principalement par manque de moyens. Une situation exacerbée par la crise du Covid-19 et qui devrait, cet été encore, toucher bon nombre d’entre eux. Pour leur rendre la vie plus douce pendant cette période de vacances, le gouvernement a décidé de relancer l’opération «Quartiers d’été», déployée pour la première fois en juillet et août derniers. Un événement acté en Conseil des ministres le 12 mai dernier, et que la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, se charge d’inaugurer depuis Honfleur, lundi 4 juillet après-midi.

Vouée à renforcer les services de proximité dans les quartiers populaires, en proposant des activités festives, culturelles et éducatives, cette initiative est menée de front par les ministères de l’Intérieur, de l’Éducation nationale et de la Ville. L’année dernière, elle avait permis à 580.000 jeunes de six à 24 ans, issus de quartiers prioritaires, d’avoir accès à différents programmes sur tout le territoire. Le lancement de cette deuxième édition se fait en partenariat avec l’association Raid Aventure Organisation, qui vise à renforcer le lien entre la police et les jeunes en organisant des activités ludiques et sportives au cœur des quartiers, encadrées bénévolement par des membres des forces de l’ordre.

Cohésion nationale et lutte contre les violences

L’opération «Quartiers d’été» bénéficie d’une dotation de 180 millions d’euros cette année, contre 110 millions l’année passée. Avec un objectif simple : «Amener les vacances au cœur de nos quartiers et apporter un soutien au plus grand nombre», explique Nadia Hai, ministre chargée de la Ville. Grâce à ces moyens décuplés, la ministre espère un investissement tout particulier des collectivités et des associations, qui, «avec l’appui de l’Agence nationale de la cohésion des territoires», pourront «à nouveau proposer des activités culturelles, sportives et de divertissement dans les 1514 quartiers prioritaires de France». «C’est au plus près du terrain que les budgets seront attribués, afin que les activités proposées correspondent aux attentes des habitants», indique-t-elle.

Cette année, le gouvernement souhaite insister sur deux points en particulier : la cohésion nationale et la prévention contre les violences. «Se cultiver, s’éduquer ou découvrir de nouvelles pratiques sportives dans son quartier sont autant de moments qui doivent permettre davantage de mixité sociale», fait valoir Nadia Hai, qui souhaite notamment que «les petites filles et les femmes […] occupent davantage l’espace public». Mais la ministre entend également endiguer la recrudescence de la violence dans les quartiers. «Le désœuvrement est bien trop souvent à l’origine de violences, d’incivilités ou de dégradations. Et c’est d’autant plus le cas l’été, constate-t-elle. Proposer des activités variées, proches de chez soi, c’est une façon de rompre cet isolement».

Des activités culturelles, sportives et de divertissement

Tout au long de l’été, des activités diverses seront ainsi proposées aux quatre coins de la France. En 2020, les pompiers et les services de police avaient par exemple été particulièrement mobilisés afin de recréer du lien entre les institutions et les habitants. Certains départements, comme l’Ille-et-Vilaine, ont choisi d’insister sur la culture, en créant des partenariats avec les opéras ou autre établissements culturels. La ville de Rennes a ainsi proposé des séances de cinéma en plein air, des projections son et lumière ainsi que des spectacles déambulant, notamment au cœur des cinq quartiers prioritaires de la métropole. En Île-de-France et dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs villes ont proposé des ateliers de création audiovisuelle et de jeu vidéo, ainsi que du pilotage de drones. À la carte, une très grande variété de propositions : «Cela peut être du cinéma en plein air, des initiations à la culture, des musées en plein air, des activités d’insertion professionnelle, des ateliers de soutien scolaire, des sorties…», énumère Nadia Hai, dont le ministère allouera 50 millions d’euros au dispositif.

En plus de ces activités journalières, certaines collectivités ont également proposé des «mini-camps» ou encore des «colos apprenantes», pour permettre à des enfants de trois à 17 ans de s’évader de chez eux le temps de quelques jours. Il s’agit de séjours gratuits pour les familles, visant à renforcer les apprentissages tout en proposant des activités ludiques. En 2020, 80% du coût de ces vacances était pris en charge par l’État, avec un plafonnement de 400 euros par mineur et par semaine. Une initiative qui a permis à certains de quitter leur quartier pour la première fois. Cette année encore, associations et collectivités disposent d’une «liberté de proposition totale», a assuré Nadia Hai. «Nous voulons que ces activités soient un accélérateur de sortie de crise». À l’été 2020, la ministre déléguée à la Ville a été satisfaite de l’opération «Quartiers d’été», qu’elle a choisi de la prolonger en «Quartiers d’automne», pour les vacances de la Toussaint.