à Marseille, les dealers face aux règlements de comptes

TÉMOIGNAGES – Entre peur et forfanterie, plusieurs dealers de la cité phocéenne se confient sur les récents règlements de comptes qui ont ensanglanté la ville, tuant un adolescent de 14 ans seulement.

Assis à l’ombre d’un arbre par un après-midi d’été, Fouad* est nerveux. Au loin il observe les allées et venues entre les tours de la cité. À chaque coins stratégiques un jeune homme guette le prochain client, la prochaine patrouille de police. Depuis quatre ans, Fouad est un de ces «intermittents du deal», l’une de ces innombrables petites mains du trafic qui travaillent périodiquement pour les gangs. Pour 60 euros la journée, il tient le bas des tours dix jours par mois, un morne quotidien émaillé par des violences régulières. «J’ai 20 ans, combien d’amis ai-je perdus?», s’interroge Fouad. Il compte, une seule main ne suffit pas. «Tous ces morts ça fait réfléchir», reconnaît-il.

Depuis le début de l’été, Marseille connaît une flambée des règlements de comptes sur fond de trafic de stupéfiants. Dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 août, trois personnes ont été tuées, cinq jours après la mort d’un adolescent de 14 ans dans la cité des Marronniers, dans le nord de la ville.

Fouad assure

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