La «rupture de confiance», ciment des anti-passe sanitaire

DÉCRYPTAGE – Caroline De Pauw et Marie Jauffret-Roustide, sociologues, estiment que les erreurs importantes dans la communication politique au début de la pandémie, notamment au sujet des masques, ont installé de la défiance.

Le passe sanitaire, en vigueur depuis lundi, suscite à travers la France une vague de contestation qui a rassemblé, samedi dernier, plus de 200.000 manifestants. Alors que le souvenir des «gilets jaunes» est dans tous les esprits, deux sociologues ont tenté de décrypter le profil de ces opposants, réunis avant tout par la défiance envers le gouvernement.

Un profil toutefois difficilement cartographiable, selon Caroline De Pauw et Marie Jauffret-Roustide. «Il y a pu y avoir une rupture de confiance avec le gouvernement», explique Marie Jauffret-Roustide, sociologue à l’Inserm, en rappelant notamment les erreurs importantes dans la communication politique au début de la pandémie, notamment au sujet des masques. «La première raison est l’opposition politique au gouvernement, qu’on peut interpréter comme une contestation du pouvoir des élites. À leurs yeux, la vaccination est une incarnation de la politique du gouvernement», poursuit-elle.

Une fracture sociale

«La grosse différence entre les “gilets jaunes” et ces

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