le feu «n’est toujours pas fixé»

L’incendie n’a pas progressé dans la nuit de mercredi à jeudi. La météo s’annonce en outre favorable, avec moins de vent et un rafraîchissement des températures.

Le violent incendie qui s’est déclaré lundi dans le Var «n’est toujours pas fixé et est encore susceptible d’évoluer», mais les conditions météo s’annoncent «favorables», a indiqué jeudi le commandant des opérations de secours des pompiers Loïc Lambert.

«Le feu n’est pas fixé mais on compte sur les conditions du jour pour l’annoncer quand nous en serons sûrs», a ajouté le pompier depuis le poste de commandement du Luc. L’incendie n’a pas progressé dans la nuit, a poursuivi Loïc Lambert, précisant que «les efforts ont été concentrés sur le secteur de la Garde-Freinet et Vidauban». «Les conditions météo ont permis de passer une nuit plus calme: le vent est tombé et les températures se sont rafraîchies», a ajouté à ses côtés Dominique Lain, maire du Luc et président du Service départemental d’Incendie et de Secours. «Notre objectif est d’éliminer tous les points chauds qui pourraient permettre des reprises», a souligné l’élu.

Plusieurs avions bombardiers d’eau Canadair ont tourné dans le ciel varois mercredi, en appui des 1200 pompiers qui luttent contre les flammes. NICOLAS TUCAT / AFP

«Il faut rester humble et prudent, mais il faut en profiter pour lui faire mal à ce feu», expliquait mercredi dans la soirée le commandant Florent Dossetti à l’AFP, se réjouissant de la tombée du vent pour la nuit. «Nous allons traiter les lisières et les points incandescents avant de reprendre le combat demain, mètre par mètre», rapportait le représentant du SDIS 83, en espérant alors profiter «du rempart bâti par les Dash avec une barrière de plusieurs kms de produit retardant posée le long de l’autoroute A8», cet axe qui relie Nice et l’Italie.

La préfecture du Var a précisé hier que tous les massifs forestiers restaient en risque incendie très élevé. Quelque 1.200 pompiers sont toujours sur le terrain, «il est possible qu’on tende vers 1.000», a également indiqué le commandant des opérations.

Les pompiers font face à des sautes de feu de 700-800 mètres attisées par les rafales de vent. NICOLAS TUCAT / AFP
8700 personnes toujours évacuées

Plus de 10.000 personnes ont pour l’instant été évacuées. Certains touristes ont toutefois pu regagner leur camping mercredi soir, signe d’une sensible amélioration de la situation. Escortés en convoi par les gendarmes, les 1300 vacanciers du camping PachaCaïd du village de La Môle, réfugiés depuis lundi soir dans un gymnase de Bormes-les-Mimosas, sur la côte, ont ainsi été autorisés à retrouver leurs tentes ou leurs mobile-home.

Pour les 8700 autres évacués, c’est en revanche une troisième nuit qui se profile, dans les centres d’accueil montés à la hâte dans sept communes côtières.

Le feu a ravagé 7100 hectares de végétation, la moitié de la réserve naturelle de la plaine est détruite. NICOLAS TUCAT / AFP

La forêt se consumait toujours mercredi, malgré le renforcement des moyens déployés. Parti lundi d’une aire de repos le long de l’autoroute A57 menant à Toulon, le feu avait parcouru près de 8 000 hectares et en avait brûlé 7 100, mercredi en fin de journée. Les gendarmes et les membres des collectivités sont mobilisés depuis lundi pour tenter de maîtriser le plus gros incendie de l’été en France, qui ravage l’arrière-pays de Saint-Tropez, sur la Côte d’Azur (Var).

Près de 900 pompiers de 16 colonnes de renfort arrivées de toute la France sont actuellement à l’œuvre pour tenter de maîtriser le feu. D’importants moyens aériens, dont 11 Canadair, 2 Dash et 4 hélicoptères bombardiers d’eau ont également été mobilisés. Par ailleurs, 45 gendarmes ont assuré le bouclage des axes de circulation, et des patrouilles ont garanti la sécurité des zones évacuées.

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Deux personnes décédées

Deux personnes sont décédées dans l’incendie, selon le dernier bilan. «La plupart des zones ont été explorées», a assuré le pompier, interrogé sur la possibilité de découvrir de nouvelles victimes. « Il y a au moins un homme » parmi les deux victimes, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse. Après la découverte de deux corps entièrement calcinés à Grimaud, un village dans le massif des Maures, le parquet de Draguignan a ouvert une enquête. « Le logement a été entièrement détruit par le feu », a précisé le procureur, Patrice Camberou.

Selon plusieurs proches d’une jeune femme portée disparue depuis lundi soir alors qu’elle séjournait dans un gîte à Grimaud, la seconde victime serait bien cette touriste francilienne de 32 ans. Son frère et une amie confirmaient mercredi soir sur les réseaux sociaux son décès. Contacté par l’AFP, le procureur de Draguignan, Patrice Camberou, n’a pas pu confirmer cette information, le corps n’ayant pas été encore formellement identifié: «Mais cette hypothèse est très très fortement plausible», a-t-il cependant déclaré.