le retour de l’incassable Andy Murray en terrain bien connu

Une pointe de nostalgie et de fierté bien placée a dû gagner l’esprit d’Andy Murray le 9 août dernier. Le forfait du Suisse Stan Wawrinka, lui aussi ancien vainqueur en 2016 dans la « Big Apple » et en proie à une nouvelle opération au pied gauche, l’a propulsé sans passer par la case « wild-card » dans le tableau principal du dernier Majeur de la saison. La suite d’une longue remontée à la surface, à 34 ans, après avoir pourtant annoncé l’intention d’arrêter sa carrière à l’Open d’Australie 2019. 

Un ultime sursaut d’orgueil pour celui qui fut numéro 1 mondial en 2016 et triple vainqueur en Grand Chelem avec deux Wimbledon (2013, 2016) et un US Open (2012) au compteur. Loin du palmarès de Roger Federer, Rafael Nadal ou Novak Djokovic, son charisme et son éternel « fighting spirit » ont marqué la dernière décennie et n’ont pas laissé indifférent, loin de là. Opposé au Grec et numéro 4 mondial, Stéfanos Tsitsipas, dans le choc du premier tour, l’opportunité sera donnée à l’actuel 112e mondial de remonter le temps sur le court Arthur-Ashe, lundi 30 août. 

Huit ans après son premier titre à Flushing Meadows, Andy Murray est de retour pour continuer le fil d’une carrière souvent minée par les blessures et dont il semble enfin débarrassé. Une première depuis bien longtemps pour l’Ecossais qui s’était incliné l’an dernier face à Félix Auger-Aliassime au deuxième tour de la quinzaine new-yorkaise. Son caractère volcanique sur le court est toujours là après des années de galère, marquées par deux opérations à la hanche en 2018 et 2019. Le Britannique a dû passer les épreuves à tour de bras depuis 2017, en étant renvoyé au-delà du Top 100 à la fin de la saison 2018 : une première depuis 2005. Son titre à Anvers contre Stan Wawrinka en octobre 2019 a répondu en partie à l’utilité d’un tel retour au plus haut niveau.

Le Covid-19 et la longue période d’arrêt du circuit ATP la saison dernière lui ont aussi permis de se remettre d’aplomb mentalement avec deux apparitions furtives à l’US Open et Roland-Garros. Sans avoir la crainte de repasser par la case Challenger, Andy Murray a passé la surmultipliée en 2021 avec plusieurs tournois de préparation à son actif. Une finale au tournoi Challenger italien de Biella en février à la place de l’Open d’Australie à cause d’un test positif: un choix payant pour retrouver de la confiance et se préparer en conséquence pour son tournoi fétiche, Wimbledon, qu’il n’avait plus disputé depuis 2017. 

Dans une dynamique positive sur les six derniers mois, le double champion olympique enchaîne les matchs pour retrouver une densité et une endurance qui ont fait sa force sur ses plus belles années. Même si les résultats se font toujours attendre avec 6 victoires et 6 défaites cette année, pas d’alerte à signaler sur le plan physique. Après un deuxième tour au Queen’s, éliminé par l’Italien Matteo Berrettini, futur vainqueur du tournoi, et un troisième tour sur le Centre Court de Wimbledon, défait en quatre sets par le Canadien Denis Shapovalov, demi-finaliste par la suite, Andy Murray a parlé de frustration mais aussi de satisfaction. Celle d’être enfin délesté du poids des blessures.  

On the practice court: @andy_murray and @DjokerNole https://t.co/udBhN1hGeI

— US Open Tennis (@usopen) August 28, 2021

« J’ai fait une semaine de Grand Chelem sans me blesser, donc c’est positif pour moi. Traverser Wimbledon sans me faire mal était une bonne chose, même si j’ai toujours le sentiment que je peux faire mieux concernant mon niveau de jeu », a-t-il conclu en conférence de presse après sa défaite. Il faut dire que l’Écossais est un showman sur le court, lui qui fait désormais des Grands Chelems son exutoire ultime pour profiter et espérer faire tomber des têtes d’affiche comme à la grande époque. 

Éternel insatisfait, le triple vainqueur de Majeurs avait déjà son avenir à court terme dans un coin de la tête après le tournoi londonien : « Il y a une partie de moi qui se dit que j’ai tellement travaillé ces trois derniers mois pour finalement ne pas jouer comme je le voudrais et l’espérais… Est-ce que tout ça en vaut la peine ? » Sans avoir disputé les Jeux olympiques de Tokyo pour y défendre son titre en simple, le 112e joueur mondial actuel franchit les étapes à petit pas. L’ex-joueur britannique Greg Rusedski reste pourtant sceptique : « Je m’inquiète pour la santé d’Andy. J’ai eu des blessures dans ma carrière et c’est difficile de revenir sans cesse. […] Il n’a plus rien à prouver à notre sport. S’il peut être en bonne santé d’ici le Masters de Paris, il aura la réponse à sa question », a-t-il expliqué au site Tennis365.

Who’s ready for this Round 1 blockbuster? @steftsitsipas and @andy_murray will meet for the first time in their careers!#USOpen pic.twitter.com/DjF8zS31x8

— US Open Tennis (@usopen) August 26, 2021

Ses deux derniers tournois de préparation à l’US Open, du côté de Cincinnati avec une victoire sur Richard Gasquet et Winston-Salem, ont prouvé que sur un match tout est encore possible. Lui qui s’appuie sur le public pour renverser des situations plus qu’impossibles a l’opportunité de réaliser un dernier coup de maître avec le défi d’écarter la tête de série numéro 3, Stéfanos Tsitsipas, finaliste à Roland-Garros. Un objectif majuscule pour espérer renaître définitivement de ses cendres devant les plus de 23 000 spectateurs du plus grand court du monde. Pas de quoi mettre la pression à Andy Murray, lui qui ne s’est jamais incliné au premier tour en quatorze apparitions dans la « Big Apple ».