Un adoubement carnavalesque dans l’Ordre du Melon de Cavaillon

Dans une atmosphère de solennité feinte, le grand-maître des chevaliers du Melon de Cavaillon a intronisé l’un de ses pairs. Ces amoureux du célèbre fruit vauclusien militent avec folklore pour préserver les traditions maraîchères de leur ville.

Vestige du corporatisme médiéval, la tradition des confréries a survécu à l’usure des âges et renaît même aujourd’hui avec une vivacité nouvelle. Gardiennes jalouses de leurs coutumes, ces organisations confraternelles perpétuent des arts et usages immémoriaux et en assurent joyeusement la transmission. Le Figaro est parti rencontrer cet été la France des confréries.

La ville de Cavaillon est en fête ; qu’à cela ne tienne, elle n’en sera pas moins impitoyablement brûlée au chaud soleil de juillet, assourdie par le cri des cigales, pour finir noyée le soir venu par l’inévitable orage qui, passant par là, n’a pas eu la politesse de s’arrêter au seuil des Alpilles. Il en faudrait plus pour impressionner le speaker inflexible, qui dès potron-minet s’égosille au micro et décline le programme de la journée d’une voix grésillante amplifiée aux quatre coins de la Place du Clos, où une allée de tonnelles a éclos la veille.

Au matin ce sont les melons – on n’attendait plus qu’eux – qui par charrettes

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