Comment des élèves de moins de 12 ans ont été vaccinés par erreur à Rennes

Jeudi 9 septembre, quatre collégiens âgés de 11 ans, et n’ayant donc pas l’âge minimal pour accéder à la vaccination, ont reçu par erreur une première dose.

Ils n’auront douze ans qu’en octobre pour trois d’entre eux, en décembre pour le dernier… Mais ils ont pourtant déjà reçu leur première dose de vaccin. Jeudi, quatre élèves de onze ans – dont des jumeaux – scolarisés en classe de cinquième au collège privé sous contrat de l’Assomption, à Rennes, ont été vaccinés aux côtés de 21 autres élèves au gymnase Trégain, situé dans le quartier Maurepas, comme l’a révélé France Bleu Armorique.

Leurs parents, qui ont été «immédiatement informés» une fois que l’erreur a été révélée, avaient signé le formulaire de consentement indispensable pour qu’un mineur puisse être vacciné. «Ils ont confirmé avoir été préalablement informés des conditions d’éligibilité des mineurs à la vaccination (mineurs de 12 ans et plus uniquement) et avoir malgré tout donné l’accord à la vaccination de leurs enfants», souligne l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne.

«C’est une erreur, il ne faut pas se le cacher», assume Philippe Mercier, le directeur du collège-lycée de l’Assomption. «Ce qui nous importe, ce sont les élèves concernés. Nous leur portons une attention particulière, notamment via notre infirmière scolaire, et nous restons en lien étroit avec leurs familles.»

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La consigne sera rappelée

Si le collège comme le centre de vaccination ont bien vérifié les autorisations parentales, «la vérification de l’éligibilité sur les mois de naissance n’a pas été effectuée dans sa totalité», admet l’ARS. Autorités sanitaires et éducatives se sont engagées à refaire passer des consignes de vigilance sur cette question de l’âge minimum. «Nous avons demandé un rapport au centre de vaccination concerné», précise l’ARS.

Reste à savoir si les trois jeunes garçons et la jeune fille vaccinés par erreur recevront leur deuxième dose. Pour deux d’entre eux, nés début octobre, la réponse est oui, s’ils le souhaitent : ils auront atteint l’âge de 12 ans avant que le délai des 49 jours ne se soit écoulé. Pour les deux autres, nés fin octobre et en décembre, la situation est plus complexe. «C’est le ministère de la Santé qui va se pencher sur cette question et décider», souligne l’ARS auprès du Figaro.

À l’heure actuelle, en France, aucun vaccin «ne dispose d’une autorisation de mise sur le marché permettant de vacciner des personnes de moins de 12 ans», rappelait fin août la Direction générale de la santé (DGS) au Figaro. Plusieurs laboratoires ont toutefois déjà lancé des essais cliniques en ce sens. Et à Cuba, la vaccination sera ouverte aux enfants de 2 à 11 ans à partir du 15 septembre – une première.

L’épineuse question du douzième anniversaire

Cette question du douzième anniversaire a déjà fait parler d’elle. À l’origine, le passe sanitaire devait être étendu le 30 septembre à tous les jeunes âgés de 12 à 17 ans. Mais une difficulté avait très vite émergé. Même s’ils se faisaient vacciner le jour de leur douzième anniversaire, les adolescents ne pouvaient pas obtenir le sésame avant au moins un mois, le temps de recevoir leurs deux doses puis d’attendre la semaine réglementaire. Pendant toute cette période, ils auraient donc dû enchaîner les tests pour ne pas être privés de leurs activités nécessitant un passe sanitaire.

Interrogée par Le Figaro sur ce sujet fin août, la DGS avait indiqué qu’«un travail [était] en cours pour envisager d’éventuels assouplissements de cette règle», afin de «ne pas pénaliser les familles» concernées par cette «situation spécifique». Le 8 septembre, Matignon a finalement fait savoir que le passe sanitaire ne serait exigé qu’à partir de 12 ans et 2 mois, le temps que les jeunes venant de souffler leurs douze bougies se fassent vacciner.

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