Le bilan mitigé du «Grenelle des violences conjugales»

DÉCRYPTAGE – Deux ans après, certaines mesures, comme l’éloignement du conjoint, sont mieux déployées. Mais le suivi des auteurs de violences est à la peine.

Une politique renforcée mais toujours lacunaire. Deux ans après le lancement, en grande pompe, du «Grenelle», la politique de lutte contre les violences conjugales affiche un bilan en demi-teinte. Côté chiffres, le nombre d’homicides conjugaux a reculé en 2020, avec 102 femmes et 23 hommes tués par leur conjoint, contre 146 femmes et 27 hommes l’année précédente. Un premier effet? Las, en 2021, les associations redoutent un«retour à la hausse des féminicides» alors que le décompte établi par le collectif Féminicides par compagnon ou ex fait état de 77 femmes tuées depuis le début de l’année. Une hausse de 20 % des violences intrafamiliales a en outre marqué le début de cette année. Mais, surtout, au printemps, une flambée de violences insoutenables – à commencer par le meurtre de Chahinez, 31 ans, abattue, puis brûlée vive, à Mérignac par son mari multirécidiviste – a jeté une lumière crue sur les failles de la protection des femmes.

Ces affaires ont agi comme un électrochoc, entraînant

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