Le maire de Châteauroux scandalisé de devoir accueillir en urgence des migrants évacués de Paris

Gil Avérous reproche à l’État de l’avoir prévenu au dernier moment. La préfecture de l’Indre a réagi mardi, affirmant qu’il s’agissait d’une opération «complexe et exceptionnelle», réalisée dans l’urgence.

Le maire de Châteauroux, dans l’Indre, est en colère. Il a appris à la dernière minute qu’il devrait accueillir une partie des migrants évacués du camp situé devant la préfecture d’Ile-de-France samedi 4 septembre. Gil Avérous (LR) dénonce des méthodes «révoltantes» de l’État, qui aurait informé la mairie seulement vendredi soir, sans donner de précisions sur la durée d’accueil de ces migrants ou sur leur devenir.

Samedi matin, environ 1000 sans-abri, essentiellement des migrants en attente de solution d’hébergement, ont été évacués. Ils sont, dans leur grande majorité, originaires d’Afghanistan et d’Afrique subsaharienne. Ils ont été séparés en deux groupes (familles d’un côté, hommes de l’autre).

Sur Facebook, Gil Avérous s’est plaint qu’on déplace «des populations en Province parce que Paris n’en veut pas en imaginant que ça va régler le problème !» Interrogée par France Bleu, la mairie de Châteauroux explique qu’«en général, quand l’État achemine des migrants chez nous, il y a des négociations et des discussions en amont», ce qui n’aurait pas été le cas cette fois-ci.

Pas de concertation en amont

Invité de l’émission «Les Grandes Gueules» ce lundi 6 septembre sur RMC, le maire de Châteauroux a précisé que les migrants étaient bien arrivés dans la commune samedi midi, et qu’il y avait «cinq Afghans en situation régulière» parmi les quinze personnes concernées. Tous sont des hommes adultes. La préfecture de l’Indre lui aurait simplement indiqué qu’il s’agissait d’«une opération de desserrement» du camp de Paris.

Contactée par Le Figaro, elle précise que c’était «une opération complexe et exceptionnelle qui a nécessité de recenser dans des délais brefs (…) les départements susceptibles d’héberger ces personnes». Les migrants «ont été pris en charge par les services de l’État et un opérateur «Solidarité Accueil»» dès leur arrivée. Cinq demandeurs d’asile sont toujours à Châteauroux selon la préfecture.

Précisant ne pas être opposé à l’arrivée de personnes immigrées sur le sol français, l’édile explique avoir néanmoins des difficultés à intégrer et insérer les populations étrangères déjà présentes dans la ville et déplore qu’il n’y ait «pas eu de suivi individuel» de la situation des arrivants. Selon lui, ces personnes n’ont sans doute pas demandé à venir ici et leur avis n’a pas été pris en compte.