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REPORTAGE – L’entrée en vigueur de la mesure ce lundi dans toute la capitale agace les usagers venus d’Île-de-France.

Paris ralentit. Boulevard du Temple, dans le 11e arrondissement, le panneau 30 indique la nouvelle limitation de vitesse, en vigueur ce lundi dans toute la capitale. Livreurs, taxis, Franciliens: chez les automobilistes interrogés, la mesure sonne comme une entrave au quotidien. «Comme si on ne passait pas assez de temps dans la voiture», soupire Nathalie, qui conduit depuis Corbeil-Essonnes (Essonne) pour rejoindre l’agence immobilière où elle travaille, dans l’est parisien. Une heure le matin, une heure le soir, cela laisse peu de place aux concessions. «Avec les embouteillages, ça ne va pas aider», poursuit-elle. Un peu plus loin, Joachim, au volant de son taxi, prévient ses clients: «J’espère que vous n’êtes pas pressé.» «Ils veulent toujours rejoindre telle ou telle gare en moins de 30 minutes, et nous, de l’autre côté, on nous demande de ralentir», tempête-t-il. «Les courses vont être plus longues, donc plus chères. Pour les trajets de nuit, la différence va être significative!»

«Une perte de temps»

Selon un sondage Ifop, 61% des Parisiens interrogés sont favorables à la limitation de circulation aux 30 km/h, qui concernait déjà 60% des rues parisiennes. Problème: les automobilistes de la journée sont loin de tous habiter la capitale. «Ceux qui soutiennent cela ne conduisent pas tous les jours dans Paris!» maugrée William, livreur de matériel informatique garé en double file. «Après, ils vont se plaindre que les camions bouchent la chaussée et ralentissent la circulation…» Un peu plus loin, Ibrahim se hâte d’ouvrir son coffre Deliveroo, à l’arrière de son scooter. «Je viens de Roissy-en-France. J’ai investi dans un scooter plus puissant pour gagner du temps. Rouler à 30 km/h, c’est très pénalisant pour les deux roues», poursuit-il. Lui qui livre des repas dix heures par jour compte les minutes et les secondes: le temps, c’est de l’argent. «Ça risque d’être froid, les clients ne vont pas être contents. Et qui va avoir une mauvaise note?» plaisante-t-il tristement.

Autour de la place de la République, piétons et automobilistes se disputent la chaussée: il y a les voitures qui accélèrent entre les feux et ceux qui traversent entre les véhicules. Ici, on trouve quelques partisans du ralentissement. Comme Nadine, qui dépose son Velib’ un brin échevelée, pour qui la limitation de la circulation est un soulagement. «Ici à vélo, c’est vraiment trop dangereux. Il y a beaucoup d’incivilités. J’espère que la règle va apaiser les comportements au volant», estime-t-elle. Même remarque pour Stéphane, qui a trouvé à se garer quelques rues plus loin. Venu de Sevran (Seine-Saint-Denis), il roule chaque jour en voiture ou à moto pour se rendre au travail. «Ce n’est pas une si mauvaise chose, la rue est plus agréable quand les voitures ralentissent», affirme-t-il. «N’oublions pas que la vitesse de circulation moyenne est de 15 kilomètres heures. Ce sont les pointes de vitesse entre deux feux qui sont les plus dangereuses!»

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