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À la veille du défilé du 14 juillet, lors de la traditionnelle réception en l’honneur des armées, le chef de l’État a remercié le chef d’état-major, le général Lecointre, qui quitte aussi ses fonctions.

La faute à la pluie, la traditionnelle réception en l’honneur des armées, à la veille du défilé du 14 juillet, ne s’est pas tenue au ministère, dans les jardins de l’hôtel de Brienne. Les invités ont dû se replier, au sec, au Cercle des armées dans le 8e arrondissement. Là, à la veille de la dernière cérémonie de fête nationale de son quinquennat, le chef de l’État, Emmanuel Macron, s’est adressé aux militaires en mêlant gravité, humilité et remerciements. Le président a salué «l’âme» des militaires et les prouesses qu’ils réalisent.

Dans cette ode à l’armée, il a aussi évoqué la tribune des généraux, publiée dans Valeurs actuelles au printemps, et qui avait défrayé la chronique. Quelques généraux en retraite, pour certains proches de l’extrême droite, s’étaient émus sévèrement d’un «délitement de la France». Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, des deux côtés opposés du spectre politique, s’étaient emparés du débat. Le devoir de réserve des militaires avait été mis en question. «Les militaires font pleinement partie de la société. Le statut militaire n’empêche pas que les militaires soient traversés par les mêmes aspirations que leurs concitoyens», a convenu Emmanuel Macron avant un rappel à l’ordre: «Comprenons-nous bien: la liberté d’opinion est intégrale. Mais la grandeur de leur condition est de se distinguer de leurs concitoyens en n’entrant dans le débat public que sous conditions. Dans notre démocratie, il n’est pas possible que des militaires s’exprimant comme tels laissent penser que l’institution qu’ils servent puisse entrer dans le débat idéologique, dans l’enrôlement partisan, dans l’affrontement politique», a-t-il insisté en remerciant la ministre des Armées et le chef d’état-major des Armées d’avoir rappelé à l’ordre les signataires. «Défendre cette règle fondamentale, c’est défendre l’armée elle-même et le lien de confiance entre l’armée et la Nation» , a-t-il estimé.

«Morts pour le service de la République»

Dans son discours, le chef de l’État s’est félicité d’avoir défendu le statut particulier des militaires, y compris face à des dispositions européennes que lui-même «ne comprend pas». Il faisait notamment référence à la directive sur le temps de travail qui menace de désorganiser la structure opérationnelle de l’armée. Il a aussi salué la mémoire des militaires morts pour la France ou dans le cadre de leur service. Le président de la République a annoncé la création d’une nouvelle mention, «mort pour le service de la République» qui permettra de mieux protéger les familles endeuillées lorsqu’un militaire décède «dans des circonstances exceptionnelles», dans l’accomplissement de son travail.

« Dans notre démocratie, il n’est pas possible que des militaires s’exprimant comme tels laissent penser que l’institution qu’ils servent puisse entrer dans le débat idéologique, dans l’enrôlement partisan »

Emmanuel Macron

Après avoir évoqué les opérations militaires de la France, dont l’opération Barkhane qui s’achèvera en tant que telle au premier trimestre 2022, Emmanuel Macron s’est adressé directement aux généraux face à lui, à ceux qui partent, comme le général Lavigne qui prendra un commandement de l’OTAN à la rentrée, et ceux qui vont monter le grade, comme le général Burkhard, qui s’apprête à devenir chef d’état-major des armées dans une semaine, ou comme les généraux Schill et Mille, qui vont devenir respectivement chef d’état-major de l’armée de terre et chef d’état-major de l’armée de l’air.

Les armées «ont des chefs», a-t-il dit dans une phrase qui semblait faire écho au «je suis votre chef» lancé abruptement en juillet 2017. La salve avait entraîné la démission du général de Villiers et la nomination du général Lecointre. «Voici quatre ans que vous êtes à mes côtés», lui a rappelé le président de la République, «et que vous conduisez les armées sur le chemin de la réparation». En quelques mots pour brosser son portrait, Emmanuel Macron a salué le militaire, rompu aux opérations, et «le penseur»: «Je vous remercie pour cette contribution qui éclaire notre vision», a insisté le chef de l’État en louant l’engagement «profond et désintéressé» du général Lecointre. Dans un élan d’humilité appuyé, évoquant une «dette à [son] endroit», Emmanuel Macron a remercié son chef d’état-major.

Macron refuse «l’enrôlement partisan» de l’armée