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Sire. L’auriez-Vous manqué? Auriez-Vous manqué cet épisode tragique qui forge les grands rois, cette geste à la fois lugubre et flamboyante, magnifique vitrail qui campe les héros dans des postures de bande dessinée.
L’on ne Vous fera nul reproche. Vos sujets s’en chargent qui ondoient le baron Philippe cependant qu’ils Vous font la gueule.

Vous Vous piquez d’Histoire tout ainsi que de Belles lettres. Vous n’ignorez donc point, Sire, que les guerres et les crises sont propices à faire éclore les grands rois, tout autant qu’à faire disparaitre ceux qui ont loupé le coche de la gloire.

C’était pourtant simple et, en dépit du foisonnement de Vos talents, Vous Vous gourâtes. Vous Vous gourâtes car Vous ne sûtes Vous mettre en scène.
Et Votre communication, Votre story-telling, pourtant servis par un scénario inimaginable de densité, de malheurs et de défis à relever, se montrèrent foireux.
Tout au lieu de paraître comme le roi devant qui l’on tremble de stupeur, Vous apparûtes comme une sorte de VRP multi-cartes, passant de l’école à la distribution des masques, faisant un détour sur les plages désertes pour annoncer que la bronzette avait du plomb dans l’aile.

Pour renfort de potage, Vous chicanâtes Votre Premier ministre, à laisser imprudemment percer la jalousie qui Vous anime.
Vous manquâtes donc, Sire, le coche de la grandeur.

Vous manquâtes encore, Sire, une séquence qui ne point son nez qu’une fois par siècle, celle qui offre le prétexte de renverser la table et de reconstruire un royaume à la mesure de sa propre doxa.
Vous voici donc beau de devoir composer avec une administration obèse, rétive et chichiteuse.
Vous voici beau encore de refiler le mistigri de la rentrée des écoles à des maires que jadis vous méprisâtes avec cette morgue qui signe les enfants gâtés et turbulents.

S’ils Vous entendent, Sire, Vos sujets doutent à présent de Votre force, de Votre résolution, et même de Votre engagement.
Ils ont tort. Mais ces étourneaux ne se fient qu’à leur instinct, pétés de trouille à l’idée de se retrouver cul nu dans la rue dès lundi prochain.
Et Vous ne les rassurez point.

Mais alors, comment se peut-il qu’ils donnent crédit au baron Philippe et à sa barbe défleurie, lui qui passe le clair de son temps à égrener les mauvaises nouvelles, à prédire l’apocalypse ainsi qu’à évoquer le risque d’écroulement des finances du royaume?
Le baron Philippe avec qui, rapportent les gazettes, Vous seriez en froid polaire, avec qui Vous Vous engueulâtes, ce damné baron, ce grand échalas à la voix sourde, qu’a-t-il donc de plus que Vous, Sire?
Ha! Votre langue aux chiens?
Il est habité. Vous, non.

Macron: « Sire, auriez-Vous manqué le coche »?