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L’éducatrice spécialisée, qui vit dans la commune de Vendine (Haute-Garonne), dénonce une dictature sanitaire.

Une éducatrice spécialisée de 48 ans, Anne Lise Pena, habitante de Vendine, près de Toulouse (Haute-Garonne), est en grève de la faim depuis le lundi 30 août pour protester contre le passe sanitaire.

Cette mère de famille, qui a participé aux manifestations anti-passe de Toulouse, explique son geste par le fait qu’elle sera suspendue au 15 septembre faute de passe sanitaire, car elle travaille dans un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA). Et elle ne veut pas se faire vacciner.

Tout a commencé le 12 juillet, lors de l’annonce du passe sanitaire. «J’ai pris un choc, je me suis retrouvée dans un état de sidération, j’ai cru que j’étais dans un cauchemar, que j’allais me réveiller. Moi, je suis quelqu’un qui va bien dans ma vie, je suis éducatrice spécialisée, je travaille avec des personnes qui ont des problématiques d’exclusion en tout genre. Et je me dis “comment les gens qui vont mal vont?”. Quand j’entends parler de suspension de salaire, de travail, je me suis interrogée sur tout cela», explique-t-elle.

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Elle dénonce une dictature sanitaire

«Ce qui est insupportable, c’est cette absence de débats, et je n’arrive pas à comprendre que pour des raisons de santé, on puisse restreindre l’accès à des grandes surfaces, au travail, à des lieux de vie», poursuit-elle. L’éducatrice, qui se sent démunie, s’est engagée dans sa grève de la faim pour rendre visible le malaise des populations face aux mesures sanitaires et permettre l’échange. «Je ne suis pas en guerre contre mon employeur. Je veux ouvrir le dialogue», assure-t-elle.

Elle dénonce une dictature sanitaire et estime que l’on n’a pas assez de recul sur le vaccin pour l’imposer à tous. «On se retrouve contraint à obéir, à se faire injecter ces vaccins alors que l’on n’a pas choisi. Je ne suis pas quelqu’un qui est contre les vaccins. Je suis bien consciente que la vaccination a éradiqué des maladies et est utile. Au départ, j’étais hésitante, mais le passe, ça m’a arrêté net. Je veux prendre le temps et j’ai des craintes car on n’a pas de recul à long terme. Je ne suis pas dans le complotisme. Je ne suis pas inquiète sur l’ARN.»

Elle compare la situation à la vaccination contre l’hépatite B, qui s’est mieux déroulée selon elle. «À l’époque, c’était différent, les choses se sont faites en douceur, il y avait la médecine du travail. Il y avait plus de souplesse, les explications, et puis la question du temps. Le contexte n’était pas le même, je vous l’accorde, mais je trouve que l’on va très vite en besogne, les sanctions sont extrêmement sévères… Les gens sont pris à la gorge, et on finit de les mettre sous l’eau!»

«On est à un tournant de quelque chose»

Anne Lise Pena s’inquiète de la société que l’on veut construire et de la suite des événements. C’est ce qui l’a poussé à s’engager. Elle n’a jamais participé à des manifestations, sauf celle contre l’extrême droite en 2002 et celle en hommage à Samuel Paty. «J’ai peur de la foule donc si j’y vais, c’est que la situation l’impose. Pour moi, on est à un tournant de quelque chose mais je ne sais pas quoi.» Elle en appelle enfin à une solidarité du personnel médico-social «face à l’autoritarisme du gouvernement, aux valeurs bafouées qui animent unanimement les travailleurs sociaux».

Contacté par Le Figaro, Gilbert Hébrard, le maire de Vendine ne cache pas son étonnement: «J’ai appris par la presse son action, que je ne comprends pas. Je la connais bien, elle habite à 300 mètres de la mairie, j’ai été la voir, elle va bien et m’a expliqué ses raisons.» L’élu est inquiet car elle vit seule avec sa fille, collégienne. Anne Lise Pena a aussi un fils de 20 ans, tous deux la soutiennent. Elle sera suivie par son médecin généraliste pendant son action.

Mais Gilbert Hébrard, lui, ne veut pas porter de jugement. «J’ai appris qu’elle manifestait le samedi à Toulouse, elle dit qu’elle est contre le passe mais pas le vaccin alors que pour moi les deux sont liés. Car si on veut retrouver une vie normale, il faudra bien en passer par là, on le voit avec 80% de non-vaccinés en réanimation. Si jamais quelqu’un était malade, je ne voudrais pas qu’il soit soigné par quelqu’un qui n’est pas vacciné… C’est la seule solution pour lutter contre cette pandémie», dit-il. Une mobilisation est prévue en soutien à Anne Lise Pena ce mercredi 8 septembre.

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