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L’idée est séduisante, mais elle est fausse : non, les matériaux constructifs qui participent à la protection de l’environnement, comme les biosourcés ou ceux issus du réemploi, ne sont pas nécessairement bons pour la santé des occupants. C’est l’un des points soulevés par Suzanne Déoux, fondatrice du bureau d’études Medieco, spécialisé dans les questions de santé du bâtiment, et Denis Dessus, architecte et ancien président du Conseil national de l’ordre des architectes (Cnoa). Ils s’exprimaient sur le sujet le 6 juillet 2021, à l’occasion de l’édition annuelle des Défis bâtiment santé.

 

Un biosourcé est-il inoffensif pour la santé ?

 

Plus de la moitié (52%) des professionnels de l’acte de construire sont conscients du fait qu’un matériau ‘environnemental’ n’est pas nécessairement un matériau sain ; 23%, toutefois, estiment qu’un biosourcé est forcément inoffensif pour la santé des occupants. Ces résultats sont tirés d’une étude réalisée par Ensai junior consultant, début 2021, auprès de 320 acteurs, présentée lors des Défis. « Tous types de matériaux doivent être utilisés dans les bonnes conditions sanitaires », a rappelé à cette occasion Denis Dessus.

 

 

La question de santé dans le bâtiment a visiblement tendance à prendre de l’importance ces dernières décennies. Avant l’an 2000, seulement 25% des acteurs du cadre bâti la prenaient en compte dans les projets : cette proportion est passée à 41% depuis 2015, indique l’étude. Quels sont les postes d’intervention concernés ? Le traitement de la qualité de l’air intérieur (86,3%), l’orientation et l’ensoleillement (65,6%), le confort thermique (65%) et acoustique (39%), et le lien à la nature (39%). La pandémie de covid a naturellement accéléré les choses, en sensibilisant encore plus les maîtres d’ouvrage à cette problématique, en faisant passer largement l’idée de l’importance du renouvellement d’air. « Avec la grippe A, nous avons appris à nous laver les mains, avec le covid à ouvrir les fenêtres », résume, non sans humour, Suzanne Déoux. Qui regrette toutefois la multiplication sur le marché des « purificateurs d’air », équipements ayant visiblement une « efficacité plus ou moins limitée ».

 

Si les préoccupations pour la santé des occupants semblent donc décoller, le sujet reste loin d’être la première priorité des maîtres d’ouvrage, surtout focalisés sur la fonctionnalité du bâtiment (71%), le coût d’investissement (51,6%), l’énergie (45,2%) et le coût global (41,9%). Les architectes, d’après l’étude, se disent davantage concernés par le thème de la santé, évoqué par 48,2% d’entre eux.

Un matériau bon pour l’environnement n’est pas toujours bon pour la santé des occupants