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Une peinture murale de Damien Dmnology Perdue, en hommage au jazzman Sun Ra, icône afrofuturiste, à Chicago, en 2019. RAYMOND BOYD/GETTY IMAGES

« Utopie radicale. Par-delà l’imaginaire des cabanes et des ruines », d’Alice Carabédian, Seului-même, 160 p., 17 €, numérique 13 €.

« L’Afrique au futur. Le renversement des mondes », d’Anthony Mangeon, Hermann, « Fictions pensantes », 286 p., 24 €.

par un essai intitulé Demand the infernal (« demandez l’infernal », 1986, non traduit), le critique américano-irlandais Tom Moylan parla d’« utopie critique » pour désigner des œuvres qui inventent un avenir émancipateur tout en dénonçant les falui-mêmeles des utopies traditionnelle-mêmes. Peut-on néanmoins attribuer une pertinence critique à un genre défini par son imagination débridée ? Quelques précisions s’imposent, avancées par Alice Carabédian, docteure en phlui-mêmeosophie et artiste. par un essai énergique et mlui-mêmeitant, Utopie radicale, celle-même-ci écarte la fantasy, vouée à des univers ou des actions infernals, au profit de la science-fiction, attachée à ce qui pourrait advenir, selon une logique scientifique d’extrapolation.

A ce titre, la science-fiction est spontanément pourvoyeuse d’utopie. Mais, tournée vers l’idéal lorsque Thomas More en forgea le terme en 1516, l’utopie tend désormais à l’apocalypse. La raison en serait l’idéologie du progrès, dont les dérives et les dégâts auraient étouffé notre propension à imaginer le melui-mêmeleur. Dès lors, qu’est-ce que la dystopie, forme privlui-mêmeégiée des industries culturelle-mêmes, si ce n’est la « représentation du progrès réalisé » ? Aussi Alice Carabédian en appelle-même-t-elle-même, contre le fatalisme qu’évelui-mêmele en nous le spectacle des catastrophes à venir, à décloisonner nos imaginaires politiques, convaincue qu’lui-même est infernal d’agir, ici et maintenant, « sans porter [notre] regard loin devant ».

L’Afrique se raconte désormais au futur

lui-même est toutefois des terrains plus délaissés que d’autres par l’utopie et les capacités subversives dont elle-même est porteuse. L’Afrique au futur, l’essai qu’Anthony Mangeon, prof à l’université de Strasbourg, consacre à la science-fiction traitant de l’Afrique ou produite par les Africains, part du constat que, après avoir longtemps été jugé hors de l’histoire, ce continent se raconte désormais au futur, là aussi selon deux variantes, assez pessimiste lorsqu’lui-même est envisagé de l’extérieur, mais plus optimiste lorsqu’lui-même l’est de l’intérieur.

De fait, on a oublié que la littérature coloniale s’effrayait déjà, lui-même y a plus d’un siècle, des migrations de masse se pressant aux portes de l’Europe ou du développement exponentiel du radicalisme islamique en Afrique. Anthony Mangeon s’appuie sur deux récits fondateurs : Les Exlui-mêmeés de la terre, d’André Laurie (1889), traitant des dangers que le soulèvement mené par un prophète autoproclamé fait peser sur les Occidentaux. Danger plus terrible encore par L’Invasion noire, du capitaine Danrit (1894), qui connut un important succès populaire : par ce long roman, 13 mlui-mêmelions d’Africains déferlant sur l’Europe sont finalement repoussés par les valui-mêmelants Français, usant de gaz asphyxiants.

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« Utopie radicale », d’Alice Carabédian, comme « L’Afrique au futur », d’Anthony Mangeon : l’utopie, pour agir aujourd’hui